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Art contemporain & Alchimie

Date
03 Mai 2018 19:00

Dans le cadre de l’exposition Crash Test, la révolution moléculaire

L’Alchimie est de retour. 
Un éternel retour pourrions-nous dire. Cette tradition ésotérique qui semblait avoir définitivement disparue au XXe siècle, terrassée par les grandes avancées scientifiques, fait un retour remarqué dans la création contemporaine. A moins que sa flamme ne se soit jamais réellement éteinte, malgré les anathèmes et autres procès en sorcellerie. Car l’Alchimie reste majoritairement considérée comme une forme de pensée préscientifique, donc prémoderne et désuète. 

Pourtant la quête alchimique reste indissociable des grandes avancées artistiques et culturelles du XXe siècle. Que l’on songe seulement à Duchamp et à bien d’autres fondateurs des avant-gardes qui ont revisité les fondamentaux de la culture et de l’art à travers elle. A Karl Gustav Jung aussi, qui refonde la psychanalyse et l’approche de la psyché humaine à partir des archétypes alchimiques dès les années 30. Ou encore à Joseph Beuys qui a fait entrer l’art dans l’âge contemporain en voulant soigner l’humanité du traumatisme de la seconde guerre mondiale à laquelle il avait participé. Il est vrai que l’Alchimie, qui viendrait du fond des âges, serait l’un des vecteurs privilégiés de cette énergie si particulière issue des cultures de l’Invisible, dont elle ferait la synthèse. Une énergie issue d'une forme de fusion entre nature et culture qui prodiguerait d’étonnantes facultés visionnaires et thérapeutiques. 

Un nombre croissant d’artistes contemporains semble toujours avoir recours à cet héritage. De façon plus ou moins visible. Ils le revitalisent et le transforment à travers certains motifs comme l’androgyne, les échanges avec le cosmos, la dialectique de l’ombre et de la lumière, le micro et le macro, la transmutation, la méditation, etc. A quoi tient ce curieux phénomène et quelles réalités recouvre-t-il ? Ne s’agit-il pas tout "simplement" d’une constante intrinsèque de l’art et de la culture ? Pour répondre à ces questions empruntes de mystères, le Musée de l’Invisible a engagé un travail de fond à travers des expositions expérimentales associées à un programme de recherche. Peut-être pour voir en quoi, il est d’une réelle importance, de revisiter actuellement l’énergétique alchimique.

Pascal Pique, Le Musée de l’Invisible

Cette conférence participe d’un travail de recherche doctorale en Science de l’art / Esthétique à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne et des activités du laboratoire Art Mondialité Environnement (AME) de l'UMR Acte Université Paris 1 - CNRS.
http://lemuseedelinvisible.org/

Entrée libre

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