Centre de culture contemporaine — Montpellier
UTØYA. FRAGMENTS D’ARCHIVE
© Joachim Olender

Œuvre

UTØYA. FRAGMENTS D’ARCHIVE

2015

Animation 3D : Alexis Fradier et Thomas Jorion ; Montage : Joachim Olender ; Musique : Pierre Hujoel
Durée : 42 minutes
Produit par Solilok films avec la participation du DICRéAM, du Centre Pompidou, Hors Pistes et Argos – Centre for Arts and Media

Procédant par déconstruction et reconstitution, Joachim Olender mène son enquête dans des terrains polymorphes et explore les espaces virtuels comme prolongement de l’espace réel (jeu vidéo expérimental), lieux de représentation et de mémoire, question d’archives fictionnelles, du terrorisme et du monde de l’art. Le texte représente un matériau central dans sa pratique.

Que reste-t-il du massacre d’Utøya ? Le 22 juillet 2011, le terroriste d’extrême-droite Anders Breivik assassine près de soixante-dix personnes sur une petite île de Norvège. Des images de la tuerie jaillissent par centaines sur internet et à la télévision, dans une confusion mêlant fiction et réalité, fantasmes et archives. À partir d’une vidéo filmée par une des victimes et postée sur YouTube, Joachim Olender commence un travail de mémoire : il tente la reconstitution du drame.

Après son installation « Tarnac » et l’opéra-vidéo « La Chute de Fukuyama », Olender utilise à nouveau Garry’s Mod - logiciel de jeu vidéo édité par Valve - pour reconstruire virtuellement les images « trop réelles » de la catastrophe qui ont inondé les médias. L’artiste espère ainsi permettre une distanciation, opérer un déplacement vers un espace de réflexion neuf.

En contrepoint de la vidéo YouTube diffusée sur un ordinateur à côté de la projection, un tueur traque ses victimes. Des personnages se cachent, s’enfuient, sont abattus. Le temps passe. Nous circulons dans ce huis clos de plus en plus menaçant. On y voit des paysages changer avec la lumière, on y entend des détonations et des silences. L’installation questionne ainsi notre rapport aux images et les modalités codifiées de nos perceptions, fragmentant une réalité pour en proposer une autre. Ni plus vraie, ni plus authentique, fabriquée assurément, sans pour autant être artificielle, si elle permet de mieux voir ?