Centre de culture contemporaine — Montpellier
Portrait of Marcel Duchamp ...
Crédit © La Panacée

Œuvre

Portrait of Marcel Duchamp ...

1966

Portrait of Marcel Duchamp: Mountaid Cardiogram, 4/4/1966

2012 — Impression, collage, Ed.25.

Collection Galerie Thomas Fischer, Berlin

 

En 1966, Brian O’Doherty invite Marcel Duchamp à réaliser son portrait en prélevant son électrocardiogramme. Les ondes graphiques, supposées valider scientifiquement des phénomènes somatiques et psychiques, se substituent à la trace expressive que réfutaient à la fois Duchamp et les conceptualistes comme O’Doherty. Il existe une généalogie de ce type de pratiques dans les années 1960 : en 1963, Robert Morris utilisait un électroencéphalogramme pour composer un autoportrait. Six ans plus tard, Don Burgy réalisait une opération similaire en passant Douglas Huebler au détecteur de mensonge et en 1973, Dan Graham tentait de produire des ondes alpha dans une exposition de Paul McMahon. Doherty se souvient de l’expérience : « Duchamp avait dit que l’art diminuait de moitié une fois introduit dans le musée et je voulais réfuter cela. Quand il est venu à mon exposition en 1966, il a vu Portrait of Marcel Duchamp: Lead 1, Slow Heartbeat (1966) et regardant Duchamp regardant ses battements de cœur, je me suis souvenu qu’Eugène Delacroix avait dit qu’il n’avait jamais vraiment compris les peintures de Turner avant d’avoir vu John Ruskin les regarder. »

Brian O’Doherty, auteur d’Inside The White Cube, un des textes les plus influents depuis sa publication en 1976, était en 1966 rédacteur en chef de la revue Aspen, où il publia l’enregistrement sonore de « The Creative Act » que Marcel Duchamp avait prononcé à Huston en 1957 et de « La mort de l’auteur » par Roland Barthes, deux textes qui ont contribué à définir le lecteur et le regardeur comme co-auteurs de l’œuvre.