Centre de culture contemporaine — Montpellier
Offset 5, Offset 6, Offset 7
© FRAC Languedoc-Roussillon, Montpellier

Œuvre

Offset 5, Offset 6, Offset 7

2003

Vidéo numérique, 3min50
Collection frac Languedoc-Roussillon

La production d’images est aujourd’hui tellement pléthorique qu’il peut sembler dérisoire de vouloir en ajouter de nouvelles. Et de nombreux artistes, parmi lesquels Hamid Maghraoui, préfèrent travailler à partir du matériel existant. Leur rôle n’est plus tant de produire un objet de plus que de faire voir quelque chose de neuf, de rendre à l’image une qualité d’expression que sa surconsommation tend à lui faire perdre.

Dans Offset 5, 6 et 7, Hamid Maghraoui s’est attaqué à une émission  emblématique de la toute-puissance de la télévision : le journal télévisé. Il élimine tout le discours journalistique, tout ce qui est destiné à produire du sens en coupant les phrases au montage pour ne garder que l’interstitiel, l’entre deux : les respirations, les souffles.Le média, censé nous mettre en relation avec le réel, ne fait en fait qu’écran et se donne en spectacle. L’artiste donne un coup de canif dans cet écran et nous donne à voir un mince filet de réalité, déconstruisant ainsi nos conditionnements visuels.

Dans ce court moment, le présentateur redevient un homme, mu essentiellement par une de ses fonctions vitales : la respiration. Ce bruit nous rassure et en même temps, il est un peu inquiétant par l’importance qu’il prend et par sa succession rapide.

Hamid Maghraoui travaille sur le monde des images de notre société. Il les retravaille pour n’en garder le plus souvent qu’un détail. Cela permet d’anéantir la part de manipulation inhérente à l’image médiatique, et de lui restituer sa matérialité, sa vraie présence dans le monde. Il nous montre les points de l’image offset, le bruit du panneau publicitaire, celui de l’antenne parabolique.