Centre de culture contemporaine — Montpellier
image Samara Scott
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Artiste

Samara Scott

Née en 1984 à Londres, Angleterre

Samara Scott initie sa production par une quête. A la manière d’un chiffonnier du 19ème siècle[1], elle part à l’assaut de la ville pour y trouver la matière première de son œuvre. Rien, quasiment, n’est acheté : ce sont les rebus de la société qui forment sa matière. Démarche anti-capitaliste ? Peut-être, tant la consommation de biens manufacturés n’entre pas dans ce processus. Pourtant, sans l’économie de marché saturant les capitales, pas de rejets en masse et, par conséquent, pas d’œuvres nouvelles. Contrairement aux autres artistes de l’exposition – dont les modes de production précapitalistes sous-tendent une zone géographique située en dehors des mégalopoles – Samara Scott a besoin des capitales pour en extraire leur substantifique moelle. Elle se nourrit de ce qui déborde, de ce qui est en excès, de ce que l’on doit en temps normal cacher. Elle révèle la poésie de ce qui n’est ni lisse ni propre. L’exclu – le déchet, au même titre que les cosmétiques culturellement impropres – devient le vecteur du plaisir rétinien, voire du plaisir de vivre. Au-delà de cette jouissance, Scott offre un regard aiguisé sur le futur. N’utiliser que des modes de production précapitalistes pourrait insinuer le retour à un état antérieur « parfait » où le monde n’aurait pas encore été pollué par l’Homme.[2] Or, cette vision utopique ne pourrait advenir tant la société moderne a produit d’excédents : notre avenir n’adviendra qu’en prenant en compte les conséquences de plusieurs siècles d’accumulation pour l’accumulation.

Charlotte Cosson & Emmanuelle Luciani 



[1] Walter Benjamin, Paris, Capitale du XIXe siècle

[2] l’état de nature cher à Rousseau