Centre de culture contemporaine — Montpellier
image Elise Carron
No Wifi, 2017

Artiste

Elise Carron

Née en 1988 à Cahors

Pour l’exposition Pré-capital, Elise Carron transforme la soirée de vernissage en une rôtisserie primitive. Des poulets scellés d'un  mélange épais d'argile de Provence, de thym et de romarin seront mis à cuire directement dans la braise. La croûte de terre retiendra saveurs et parfums tout en protégeant la viande. 

Ce geste poursuit une tradition ancestrale, transmise oralement dans différentes cultures, et oubliée car peu commercialisable. Il fait appel au « bon sens » : il suffit de feu et de terre pour cuire un aliment. Et Elise Carron de rappeler que « la terre est là, sous nos pieds, elle ne coute rien et protège la nourriture (elle la fait aussi pousser parfois) ». Loin de la société du prêt-à-l ’emploi et de l’augmentation des besoins par la consommation (barbecues sophistiqués, ustensiles dernier cri…), l’artiste propose une économie de moyens. Or, comment appliquer ces préceptes dans les grandes villes, entre béton et interdictions de prélever de la terre dans les parcs ? Comment sortir de l’impasse des Hommes élevés « hors sol », déconnectés des propriétés spécifiques, esthétiques, économiques, survivalistes et spirituelles de la terre ? Certains, souvent des urbains, prennent la décision de ne manger que des aliments bruts et crus. Si l’on en croit une vidéo trouvée sur le site d’Elise Carron, c’est la cuisson qui a permis à l’homme préhistorique de devenir l’homo erectus, le premier humain. En effet, la digestion d’aliments crus demandait tellement d’énergie au corps qu’elle n’en laissait que très peu pour le développement du cerveau. Grâce au feu, la matière grise, l’intelligence et le panel des émotions ont pu croître.

En renouant avec les flammes et la terre, Elise Carron invite à une réflexion sur une société nouvelle, puisant dans ses sources sans en épuiser les ressources.

Charlotte Cosson & Emmanuelle Luciani