Centre de culture contemporaine — Montpellier
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Artiste

Bella Hunt & DDC

Duo italo-américain né dans les années 1980

Derrière les formes simples et faussement naïves de Bella Hunt & DDC se cache la possibilité d’une société différente de la nôtre. Celle-ci reposerait sur une coexistence plus grande entre les êtres, une grande humilité

et un respect des traditions vernaculaires, pour un futur respectueux de l’environnement. Après avoir produit des poteries dont les pigments naturels étaient intégrés a fresco dans un mélange de chaux, le duo américano-italien prend aujourd’hui de l’ampleur, avec des œuvres en bronze et des sculptures plus architecturées. Leur pratique reste pourtant – ce détail compte – à échelle humaine. Leurs œuvres parlent d’un passé (voire d’un futur ?) commun à l’humanité entière. Bols, arches et formes primitives rythment leur production. Un trait médiéviste se ressent chez Bella Hunt & DDC. A l’image de la confrérie des Préraphaélites, à laquelle ils empruntent leurs patronymes[1], les deux artistes se réfèrent à un monde d’avant la perspective, à un monde pré-moderne dont la course au progrès n’était pas le récit principal. Pourtant, leur dynamique diffère de celle des mouvements anti-industrialisation du XIXe siècle : Bella Hunt & DDC ne refusent pas le progrès, mais proposent son dépassement. Arrêtez-vous sur Ancient Mystic I, un arc à double face, une romane et une pseudo phénico-égyptienne.

Appréciez-là simplement, sans rien projeter. Admettez-le, Bella Hunt & DDC permettent de ressentir  à nouveau le frisson d’émotion produit par la découverte d’un objet patiemment réalisé par une civilisation passée : ce frisson perdu il y a bien longtemps au contact des objets manufacturés de notre quotidien.

Charlotte Cosson & Emmanuelle Luciani 



[1] Bella se joue du nom de William Hunt, DDC – pour Dante di Calce ou Dante de la Chaux – se réfère à Dante Gabriele Rossetti, le plus trecentiste du mouvement